Cher Gin,
Je rentre tout juste des séances photos de la Boomerang 6 sur Annecy avec Jérôme. Il y avait beaucoup de vent dans les Alpes, mais nous avons eu de belles journées de travail et je crois que Jérôme est satisfait du résultat – et j’ai été très heureuse pour ma part de travailler avec lui à nouveau. Et encore plus important : j’ai été enchantée de voler la Boomerang 6 !
Je n’avais plus volé dans des conditions thermiques depuis juin 2007, et j’étais excitée de revoler avec une voile de très haute performance, mais connaissant « mon » constructeur, j’étais confiante.Et je dois dire que j’ai été impressionnée. Au niveau des sensations, je crois que c’est la meilleure voile avec laquelle j’ai pu voler. Si puissante, avec la sensation d’un profil solide comme un delta et une maniabilité très précise. C’est un feeling similaire à celui que j’avais eu avec le prototype 2000 (le premier doté du système Rigifoil), car il me semble que le développement a encore franchi une nouvelle étape. Bien sur, je n’ai jamais essayé la version finale de la Boomerang 5, donc ce n’est peut-être pas une si grosse étape, mais c’est vraiment une voile très agréable à voler, différente, et plus puissante que celles que j’ai volée auparavant. Voilà mes impressions après mes premiers vols…
Le premier jour, mes sensations sous la voile étaient un peu spéciales car il y avait un fort vent de nord sur Annecy, et les thermiques étaient petits, pas très forts mais irréguliers ; j’ai eu à peu près 10 cravates en un seul vol. Jamais problématique car la voile ne tourne pas, mais difficiles à en sortir même si ils étaient assez petits (je suis légère sous la voile, environ 80 kg PTV). Pomper sur les freins ne semblait pas fonctionner et tirer sur les stabilos non plus. Je ne sais pas si c’est un savoir-faire courant mais j’ai réalisé que pomper sur la suspente du stabilo était l’astuce. Ainsi la cravate s’en va d’un seul coup.
Pour mes vols suivants, je m’étais préparée aux problèmes de cravates, mais pour une raison ou une autre, je n‘ai eu aucun problème identique à ceux rencontrés le premier jour. Les conditions étaient moins agitées, mais je crois surtout que c’était dû à mon apprentissage de la voile. J’ai le sentiment qu’il m’a fallu quelques heures pour apprécier à sa juste valeur les qualités de la voile, car sa commande est différente. Il semble que le comportement de ses bouts d’ailes soient une caractéristique naturelle et peut-être logique de la voile tant le milieu de l’aile est solide ; je pense tout à fait possible que les pilotes apprennent à gérer et même éviter complètement les problèmes de cravates avec plus d’heures sous la voile.
Dans le thermique, c’est très clair, la voile va de l’avant et le recherche. La Boomerang 6 mord le thermique et utilise les turbulences pour gagner de l’altitude. Cela demande quelques efforts (dit l’étudiante avec ses bras de poulet ;-) pour faire des virages serrés mais après s’être habitué et avoir compris son virage, on peut facilement utilisé beaucoup de freins sans soucis et beaucoup d’effort. Mon sentiment est qu’il ne faut pas avoir peur d’utiliser beaucoup du débattement de la commande, car quand on descend la main, la pression des freins devient très forte, on sent très bien les basses vitesses venir progressivement et le bout d’aile n’a pas de tendance à partir en négatif.En virage, il me semble que la voile prend plus de puissance quand on met un peu de frein – le dynamisme vient de la partie de la voile située au centre du virage, et l’ensemble de la voile se propulse vers le haut quand on enroule.De toutes façons, elle possède plus de dynamisme en virage que les précédentes Boomerang – peut-être parce que le profil est lui même plus puissant.
Ce que j’apprécie le plus c’est que la voile ne se cabre pas et ne perd pas de vitesse quand elle rentre dans le thermique. Elle mord juste, reste au dessus de la tête et grimpe. Si elle attaque en avant, c’est très facile à contrôler et elle se sert de cette énergie pour profiter de l’ascendance. Même chose en vol droit, elle cherche à aller de l’avant, même si elle est contrée en grosses conditions, et reste solide. Très, très sympa et ce, même avec mon poids léger ! Je ne cherchais pas la vitesse pendant mon séjour à Annecy, je volais tranquille, non lestée – Jérôme volait en Boom Sport et a déjà eu assez de mal à me suivre…
Globalement, ce fut un réel plaisir de voler la Boom 6. Je croyais que le parapente était peut-être fini pour moi car je ne prenais plus de plaisir à voler. Mais maintenant il est évident que voler reste la possibilité de ressentir l’imperceptible feeling d’une voile de grande performance. Voler une Boomerang est un monde à lui seul ! Je suis très heureuse de retrouver l’esprit de voler, et ça faisait longtemps que je ne m’étais pas senti aussi vivante !
Je croyais qu’il était possible de vivre sans voler mais je me rends compte que je me suis trompée!
Amitiés, Louise
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